1      2      3      
JEAN-PIERRE SCOUFLAIRE

VERNISSAGE - 17 / 02 / 2006
DATES - DU 18 / 02 / 2006 AU 25 / 03 / 2006

Jean-Pierre Scouflaire


Un atelier tiré au cordeau, garage carrelé de blanc pour un théâtre de l'universel. Empilement de feuilles de papier, autant de strates où s'inscrit au crayon aiguisé une secrète syntaxe des formes. Jean-Pierre Scouflaire est l'homme d'une myriade de gestes rituels, chevillés dans une économie de moyens. Le repentir s'érige en vertu quand il s'agit d'inclure l'ombre, pour que chaque assemblage devienne oeuvre en soi. Ainsi, dans l'apparente pesanteur des plans, l'espace intermédiaire se met à palpiter, d'abord de manière sourde puis en intensité grandissante. Entre celui qui regarde et ce qui est regardé, il y a cet espace impalpable où se joue l'action. Le point juste serait cet entre-deux, où l'absence se fait gouffre ou porte doucement ouverte vers l'ailleurs. Suivant le jeu des possibles à venir, dans un déplacement à 180 degrés, du concave au convexe, du plein à l'évidemment, une danse s'engage sur le fil ténu des parfaits équilibres. Banalité du volume simple ? Scouflaire est un artiste de l'ordre du voir. Et du désir exacerbé de trouver des solutions. Une force qui le pousse à tordre, distordre, concasser, poncer, violenter jusqu'à l'envoûtement. Charpentées et décrochées du plan, ses propositions fonctionnent à la fois par le duel et le miroir, traquant cette altérité où deux éléments n'existent qu'en leur singulière confrontation. Abstraction construite à la scie fine et au rabot, pure spéculation intellectuelle que ces surfaces veloutées, moire d'un blanc laiteux comme nos cieux changeants et ces noirs absolus nés de la couleur ? Jusqu'à l'excès de l'unité minimale, le jeu des évidements et des polyptiques s'extrait des enduits, pour toucher la réflexion dans l'espace et l'émotion du rythme sacral. A force de déterminer le Temps à l'ombre d'une recherche éthique et plastique, Jean-Pierre Scouflaire atteindra cette fulgurante ligne aux limites de la représentation, cette « lumière à l'origine du monde » ainsi qu'il l'entrevoit en toute humilité, le temps d'un battement de cils.


Dominique Legrand


 ARTISTS
JEAN-PIERRE SCOUFLAIRE